Wadji Mouawad,

dans la préface de Temps, son dernier spectacle, il écrit:

L’inquiétude comme boussole

[…]
 » J’avais (…) l’envie de déplacer, d’inquiéter l’instant de l’écriture. J’avais de manière obsessive, l’envie que l’inquiétude ne soit plus un état à gérer mais qu’elle devienne la source de mes intuitions; car comment obliger les mots à sortir, à survenir de façon différente, sans que cela ne soit une simple décision formelle, si ce n’est en se jetant de toutes ses forces au bas de cet immeuble intérieur qui nous abrite, dans l’espoir d’être rattrapé en retour par un autre soi, nouveau à jamais, un inconnu, un étranger, et pouvoir alors, au sortir de la chute, se dire: « C’est moi qui ait écrit ça?! »
Chuter est inquiétant. Alors évidemment ce ne fut pas de tout repos. » […]

Wadji Mouawad, Temps>, 2011

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