tu rêves?

 

La nuit arrive à grands pas. Après avoir passé son pyjama, Virginie se dirige vers sa chambre. Elle appuie sur le bouton de la télécommande et les volets de la pièce s’abaissent. Virginie a froid. Elle allume sa lampe de chevet, programme son réveil et se réfugie sous sa couette avec son livre et son nin-nin catalyseur de sommeil.

Elle plonge dans le monde merveilleux de Sans Famille. Elle accompagne Rémi dans ses aventures et chaque image offerte par le roman la fait vibrer.

Les minutes passent. Les mots se troublent. La lumière s’éteint puis se rallume. Elle en veut encore !! Maître Vitalis prend soin du jeune garçon pendant que leurs compagnons partent un à un pour le voyage sans retour.

Les secondes passent. Les mots se troublent à nouveau. La lumière s’éteint.

Ca sonne. Virginie se lève pour ouvrir la porte. Marilyn, sa voisine, a revêtu sa tenue de gala. D’une voix envoûtante et mélodieuse, elle annonce à Virginie qu’elle a réglé leurs charges de copropriété. De sa valise à histoires, elle sort l’un de ses amant les plus bienveillant pour l’offrir à Virginie. La jeune femme l’accepte à condition qu’il la suive dans ses montagnes pour traire les chèvres avec Pierre et Heidi.

Mais poupoupidou pou !!!! Marylin sort sa baguette magique et annonce à Virginie qu’elle a perdu toutes ses dents et que les cochons ont des plumes depuis Noël dernier.

Elle lui prédit qu’un ange lui apportera le bien-être au travail comme le Saint Esprit a apporté un enfant à Marie. Elle lui promet que sa fille a fini de grandir et que les morts ressusciteront quand elle arrêtera de se ronger les ongles.

Maintenant que Virginie sait tout, elle s’explose la tête contre un mûr transparent. Une chaleur humide envahit son lit. Un sursaut la fait tressaillir. Réveil. Horreur !!! Il est 3h du matin. Elle a fait pipi au lit. Elle n’a plus qu’à changer ses draps. Sa nuit est finie…

Virginie V.

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Un rêve

Trop chaud, trop beau. La lumière. Les volets restés ouverts, hier ; les vêtements que je n’avais pas rangés, le bureau en bazar, ah, il est l’heure, oui, c’est vraiment l’heure, en fait. Ce n’est pas le moment de s’attarder, c’est le moment de se lever, le temps de repenser à travailler… mais tiens, c’est bizarre, la descente de lit semble avoir bougé… ce tapis, que j’installe pourtant, bien orienté, n’est plus posé, mais il est enfoncé, dans, sous le parquet, il est attiré, avalé, asphyxié…

Non, là, ce n’est pas possible : dans un rêve, d’habitude, -et on retrouve cela dans les mythes- les tapis s’étirent, s’envolent et volent… ils ne s’enfoncent pas ! Non, ce n’est pas possible, et pourtant… mais qu’est-ce que vient faire ici cette grenouille minuscule ? Ecoutez-la, regardez-la, sur sa feuille de nénuphar géante ! Elle se met à parler sur un ton professoral : « il y a longtemps, longtemps que j’attends, j’attends la fin du jeu et vous n’en finissez pas de… ne pas poser votre carte ! »

Je ne vois pas de quel jeu il s’agit…, d’ailleurs, j’ai horreur des jeux, le jeux d’eau, les jeux de cartes, les jeux de société, les jeux de jours de pluie, les jeux de main, les jeux de vilain…

C’est alors que l’Étang se présente dans la paume de ma main. L’Etang est une carte fluide, vaseuse et visqueuse, toute pailletée de mosaïques orientales où se mêlent turquoise et or… Je voudrais retenir cette carte mystérieuse et liquide, je veux retenir L’Étang resplendissant dans mes mains de jeunes fille. Je veux le garder, je vais le cacher, oui, pourquoi pas le cacher dans le jardin que j’entrevois là, sous l’eau, ce jardin où poussent les Oiseaux de Paradis ?

Au moment même où je me laisse happer par l’observation de ces fleurs folles qu’on appelle oiseaux de paradis, – je comprends bien pourquoi, mais je ne sais pas d’où cela vient, et où cela va… – à ce moment là, donc, se présente une femme aux yeux jaunes qui prend sa respiration, ouvre la bouche doucement, doucement, comme un petit poisson. « Ave Mari-i- ia »… L’opéra sans scène, sans théâtre, l’opéra sous l’eau et la voix ronde et fluide de la femme aux yeux jaunes qui se met à nager… Sans bruit, calmement, régulièrement, rapidement. Cette voix est enceinte et elle glisse encore et encore,avant d’échouer sur les rochers bleu marine.

Après un temps d’arrêt, la femme aux yeux jaunes se remet sur ses pieds, et se pose… sur le nuage qui vient de tomber.

Je me sens légère, légère comme une plume sur un cri transformé…

Je suis bien, bien comme jamais je ne l’ai été, bien comme un oiseau dans l’eau, comme un aigle au dessus d’un concert de Noël marin. La voix de la diva se mêle au flux et au reflux de la mer…

Tiens, mais il pleut, ce matin ????

Françoise