Tranches de livres, tranches de vies

La lecture pour grandir

Ma tante, Gisèle, coiffeuse de son métier, et soeur de ma mère, m’offrit pour mes six ans ce conte de George Sand : « le nuage rose ». Ce cadeau est resté dans ma mémoire comme un souvenir merveilleux. Cette histoire fût pour moi le chemin inconscient qui guida ma vie. Je l’ai relu des années plus tard et je n’ai pas retrouvé les mêmes éléments fixés dans ma mémoire. J’avais reconstruit ce conte, mais l’essentiel était là, la préoccupation autour de la relation à l’enfant, de son bien être et l’amour dont il a besoin.
Marc Twain a enchanté mes années d’enfant au seuil de l’adolescence, l’aventure de deux enfants, dans l’Amérique du 19 ème siècle sur les berges du Mississipi. Je suis d’ailleurs revenue, une fois adulte, à la Nouvelle-Orléans sur la piste de Tom Sayer, enfant libre, de son ami et du terrible indien.
Mais l’Aventure nourrie par les récits de Jack London laissera la place pour des préoccupations plus sociales, la guerre, l’injustice, les horreurs de la colonisation seront de nouveaux champs d’investigation rejoignant pourtant les intérêts premiers, la découverte d’autres lieux, d’autres histoires douloureuses et insoutenables, comme la guerre de 14-18 avec « le feu » d’Henri Barbusse. C’est ma mère qui me fera découvrir Jules Vallès avec «  l’Enfant » et la réalité de la Commune de Paris. La connaissance du dur travail des ouvriers dans les mines, le travail des enfants, me sera révélée par l’oeuvre romanesque de Zola. Toujours cette préoccupation pour les Enfants.
Cette petite fille de « Roses à crédit » d’Elsa Triolet un moment inscrite dans la société de consommation reviendra inexorablement à son lieu d’enfance et à son destin d’enfant dans une famille en grande précarité.
La condition sociale de l’Enfant hantera toute ma vie professionnelle et se résumera à cela : «quand on nait dans la précarité, dans le rejet des autres, peut-on s’en sortir ? » Très tardivement les lectures de Boris Cyrulnik me permettront de répondre partiellement à cette question. Toute cette construction de ma personne aura en filigrane constant, l’amour, toutes les sortes d’amour, la tendresse, la passion, l’amour des autres. Le roman d’Aragon « Aurélien » sera mon préféré il est historiquement situé pendant la deuxième guerre mondiale. « Chéri » et « la fin de Chéri » de Colette fera la jonction entre le 19ème et le 20ème siècle. La fin d’un monde et la naissance de nos sociétés modernes.
Les histoires d’amour des romans lus ne se terminent jamais bien, mais elles sont vivantes et pleines d’émotions.
Peut-on conclure que l’enfant que j’ai été et l’adulte que je suis devenue par un lent travail de tricotage a unifié sa vie dans l’émotion, la connaissance, et pour la réalisation de Soi grâce à la lecture ?
Oui ! la lecture permet de grandir.

Françoise Vallade

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Lire

J’aime pas lire
J’sais pas lire
J’préfère courir, faire du patin à roulettes avec les copines
J’préfère marcher en montagne et rêver à de longues expéditions, découvrir la grande crevasse, l’atlas
J’préfère jouer du piano à quatre mains avec ma sœur ; quoique ? Nous avons grandi, elle est partie ; j’ai rencontré Benoit et Flora qui m’ont confié leur journal à quatre mains
J’sais pas lire
Mais lorsque les effluves du parfum ont flotté sous la tente, je me suis enivrée
Sous le voile noir, je me suis réfugiée, je me suis retournée sur mon passé, et je ne suis pas sortie de ma nuit
Sans savoir vraiment lire et sans complexe, j’ai dévoré comme un roman. Le déclic a bien fonctionné, merci Monsieur Pennac
De lectures en lectures
De quelques mots jetés sur un carnet à l’écrit
De l’écrit à un atelier d’écriture
D’un atelier d’écriture à des ateliers d’écriture
Ecrire et lire sont devenus une nécessité
A la recherche du premier homme, lovée dans de la soie, bouleversée par les demeurées, comment j’ai appris à lire ?
Je ne cherche plus à comprendre, je lis.

MB
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Au début, il y avait une fin…

Muse alors !!!

J’aimerais tant que tu sois ici.
Tu pourrais me susurrer ces mots qui ne viennent pas !!!
Me raconter une histoire depuis le départ, avec un milieu et même une fin qui va bien !!
Tu pourrais me dicter un texte que je ferais mien !!!
Un texte à une tête et une main : un texte de toi écrit par moi, ça ne changerait rien !!!
Ils ne le sauraient pas !!!
Et puis je ne leur dirais pas !!
Ce serait notre secret à toi et à moi !!!
Tant que je leur offre des mots…
Et n’oublie pas ceux qui font rire. Ils aiment bien !!!

Allez !!! Ils ont faim !!!!
Je veux bien que tu t’amuses ma muse mais faut pas abuser !!
T’es encore partie guincher au bal musette !!!
Reviens !!! L’inspiration, c’est toi !!!
Je te nourris pour ça !!!
Je te préviens : si tu ne te dépêches pas, j’irai trouver ma source ailleurs !!!

Bon. Je veux pas te bousculer mais je me sens seule…
La page blanche m’angoisse…
Qu’est-ce-que je vais leur raconter si tu me laisses tomber ??!!!
Je sais pas improviser…

Pis le temps est limité !!!
Tic tac tic tac tic tac…
Ah punaise… Trop tard…
La voix a parlé…
Mais tant qu’il y aura une once de vie, je ne renoncerai pas…

Virginie V.

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LE PROBLEME EST LA

Le problème est là : le fantasme dans un malentendu qui fait associer
la langue et le terroir , dans une façon de vivre , dans une façon de
bouger, de respirer, de jouir , de dormir , de se réveiller avec la gueule de bois après une soirée alcoolisée et entièrement vouée à la
langue de bois .Dans la vie au grand air ou blotti contre celle qui
parle une langue étrangère prés de la cheminée toute dorée . Le
problème est là : dans un compromis entre votre mère et le vin à
choisir, dans la couleur de la chambre et la sonnerie du réveil au
petit matin. J’aimerais que tu sois ici .Le problème est là .

Anny

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Histoire d’en livre

Kirikou et les hommes et les femmes, Kirikou et les bêtes sauvages, KIRIKOU tout petit au milieu des grands, tout petit mais tellement plus grand que les grands…
Pierre et le loup ou l’intérêt pour les petits comme pour les grands de ne pas mentir.
Virginie et l’oiseau bleu pour prendre soin de l’autre avant de penser à soi.
La couleur des sentiments parce qu’elle ne devrait pas exister.
Azur et Asmar, frères de cœur, tiraillés par leurs différences mais liés dans l’adversité pour que le pays de l’autre côté de la mer ne leur semble pas si loin…
L’autre, ou l’histoire de deux destins qui n’en font plus qu’un.
Ensemble c’est tout.
Le mec de la tombe d’à côté ou l’amour assassiné par le quotidien.
Bulle et la voix de l’océan ou comment une vie s’enrichit d’une rencontre; ou comment quand l’autre meurt, il suffit de lui dire « à tout à l’heure ».
Le petit prince ou le grand roi.
L’inconnu ou toi que je connais déjà…

Virgine V.

Histoire d’en livre 2

« Je fais un rêve » ou le cri d’une vie offerte pour combattre la bêtise humaine.
Le hussard sur le toit ou comment de loin en loin on aime de plus en plus.
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ou les intimes confidences de héromantiques modernes.
Au nom de tous les miens parce que quelqu’un l’attendait quelque part.
Les oiseaux se cachent pour mourir quand les amours s’emmêlent.
On n’est pas sérieux quand on a 17 ans, alors son sang s’est révolté sans colère.
La maison assassinée pour tuer une enfance volée.
Si c’est un homme quand le bruit prend trop de place dans ma tête pour que j’entende encore le silence.
Je ne le répéterai pas parce qu’écrire l’indicible c’est déjà trop en dire.
Chaque homme dans sa nuit « s’en va vers sa lumière ».
Le cercle des poètes disparus ou comment vivre l’amour des mots quand ils jouent la symphonie CARPE DIEM.
Anthologie de la poésie française : pour Les vers préférés d’Henri Bataille, pour La pluie et le beau temps de Jacques Prévert, pour les Fleurs du mal de Baudelaire.

Virginie V.


Mélivres

Je fais un rêve : Le hussard sur le toit dessine La couleur des sentiments et Les vers préférés des Fleurs du mal font La pluie et le beau temps.

Mais On n’est pas sérieux quand on a 17 ans et Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part.

Alors, Si c’est un homme, La maison assassinée l’enfermera dans Le cercle des poètes disparus comme Chaque homme dans sa nuit qui s’enlivre de l’Anthologie de la poésie française.

Et Je ne le répéterai pas : Les oiseaux se cachent pour mourir Au nom de tous les miens : Virginie et l’oiseau bleu, Kirikou et les hommes et les femmes et les bêtes sauvages, L’autre, Pierre et le loup, Le petit prince, Bulle et la voix de l’océan, Azur et Asmar, Le mec de la tombe d’à côté, L’inconnu

Parce qu’Ensemble c’est tout.

Virgine V.

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LILY
Chaque jeudi, jour des enfants, mémé me donnait, comme un trésor,
(Pourtant bien mérité :une bonne note en géographie ou un bon point parce que je n’avais pas parlé à ma voisine de toute la matinée !!!)une pièce
de 1 franc et je courais chercher ma revue hebdomadaire: « LILY ».J’adorais ces histoires de filles, préadolescentes comme moi, qui allaient à la plage en maillot deux pièces et rencontraient des garçons qui jouaient au volley. Elles faisaient des tas de bêtises: se teintaient les lèvres de rouge pétant, fumaient des cigarettes, embrassaient les copains sur la bouche. Elles avaient des jupes en Vichy, enfourchaient des Vespa avec les garçons en blouson de cuir et coiffés à la « banane » et riaient aux éclats. Ces extravagances me remplissaient de joie mais aussi d’appréhension. Maman y jetait sans doute un œil dés que j’avis le dos tourné mais restait délicate et ne me disait rien. Pendant ce temps là mon petit frère se régalait de « ROULE GALETTE » où la grand-mère faisait une galette avec trois grains de blé . Nous ont été émerveillés par cette transformation , on essaya avec trois grains de couscous mais ça n’avait jamais réussi!

Anny