Lire pour écrire

Lire, c’est s’évader

Lire, c’est subversif à l’époque de l’immédiateté

Lire, c’est prendre de la distance

Lire, c’est écrire

Lire, c’est sourire, rire, pleurer, haleter en même temps que les protagonistes d’une histoire

Lire, c’est réfléchir

Lire, c’est papillonner et/ou choisir

Lire, c’est aller au bout ou changer de chemin

Élodie Giraudier

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J’adore lire et les livres depuis mon plus jeune âge même s’il y a eu une « césure » entre mon entrée à l’université et les dernières années, car j’ai lu de « l’utile », du « professionnel », mais je ne me suis pas autorisée à lire pour le plaisir, à avoir une lecture « futile ».

Comment ai-je repris la lecture plaisir ? En lisant dans le tram, aux toilettes, le soir dans mon lit (c’est mon petit plaisir depuis l’enfance), dans l’avion (j’ai par exemple profité de 11 heures de vol pour lire d’une traite Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa).

Le plus souvent, je préserve « religieusement » mon livre, je n’aime pas l’écorner, l’annoter, même si j’admets qu’il puisse s’écorner de temps en temps dans mon sac.

J’aime bien acheter des livres, des cartes, écrire des mots sur de belles cartes ou dans des cahiers. En général, je lis à voix basse, mais quand un passage m’interpelle, me touche, je le lis à voix haute pour le partager avec mon conjoint, qui n’y est pas toujours sensible.

L’éducation, la famille, y sont certes pour quelque chose, mais j’ai aussi fait mon propre parcours. Je viens d’une famille qui avait un bon voire un très bon rapport à la lecture : à la maison, il y avait des livres, des magazines, des abonnements à des revues, ou des ouvrages empruntés à la bibliothèque municipale et une maman qui lisait des histoires le soir.

Je n’ai pas pu me défaire de ce « virus » de la lecture et cela a « empiré » à l’adolescence : pour moi, lire représentait un autre monde, un fil conducteur qui me permettait de m’évader d’une famille avec laquelle je me trouvais en décalage. Ma rébellion, ma crise d’adolescence, je les ai faites en lisant d’autres auteurs, d’autres contenus que ma famille. De ce fait, j’ai longtemps pensé que j’avais besoin de posséder beaucoup de livres pour me donner une caution intellectuelle. J’ai réalisé que je n’en avais pas besoin, que ce n’était pas posséder, mais être, exister et se souvenir des lectures qui prévalaient. Les livres que j’avais depuis des années et que je n’avais pas (encore) lus, je n’allais pas les lire. J’ai ainsi donné ou vendu des livres qui ne représentaient rien pour moi. J’ai choisi d’aller à l’essentiel et d’acheter seulement les livres que j’avais lus et que je voulais conserver, relire ou encore les « outils de travail », les ouvrages « professionnels ».

Élodie Giraudier

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