Écris moi un son…

C’est l’heure !!

Mais quelle heure ??

C’est l’heure à laquelle le soleil se lève et déjà, ça tape dans ma tête !!!

Ca tape tape tape…

Ah !!! Les billes déboulent et ça fait mal mal mal…

C’est l’heure !!

Mais quelle heure ??

C’est l’heure à laquelle les éléphants me piétinent tinent tinent tinent…

Ah !! Le sifflement les interrompt rompt rompt rompt…
Non !!!! Ils reviennent !!! Un par un !!!

Tout doucement ment ment ment…

C’est l’heure !!

Mais quelle heure ??

L’heure du vent qui caresse et efface la douleur leurre leurre leurre…

C’est encore l’heure.

Mais quelle heure ??

Enfin l’heure à laquelle le soleil s’endort et me fait plonger dans un sommeil que je rêverais sans fin.

Virginie V.

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Symphonie de la pénombre autour du jeu du bandeau

Dans la nuit profonde du bandeau, le noir m’envahit. Mes yeux sont aveugles ; mes oreilles s’ouvrent. Le bruit des pas résonne, avec force, sur le sol et ces sonorités font penser à un géant qui se déplace lourdement, à la lueur de la lune L’ambiance de trouille règne et dans un appentis près de la cuisine se dégage une forte odeur de pommes mûres. Ce ressenti olfactif est agréable et tranche avec le mal être provoqué par l’obscurité macabre et stressante.

Les bruits de l’avancée dans cette noirceur suggèrent un égarement dans la forêt comme si nous étions perdus. Alors, nous nous laissons envahir par les bruissements des rodeurs ou le passage des fantômes. Splash ! Splash ! ….je mets un pied dans l’eau, puis l’autre comme dans une flaque. L’eau coule d’une fontaine sur un lit de sable ce qui rassure pour la présence de l’eau. Nous approchons de la maison forestière où nous essuyons les pieds sur un paillasson Scratch, scratch…je pousse la porte, enlève mon bandeau des yeux. J’allume la lumière qui m’éblouit. Je suis satisfaite d’avoir terminé cette exploration ludique du noir. Je ressens des frissons après un moment de panique bloquant les ressentis de cette symphonie des bruits dans la noirceur des profondeurs nocturnes.

Marie R.

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Les bougies s’éteignent.

Les étoiles s’allument.

Elles accompagnent la pleine lune.

La nuit s’éclaire.

Mes yeux se ferment sur la douleur du monde.

Mon cœur s’ouvre sur la douceur du sombre.

La rose s’épanouit.

La clé s’enfonce.

La clé tourne.

La porte grince.

La porte claque.

Qui est là ?

Je ne vous vois pas oh paradis de l’oubli.

Je vous ressens assis là, à côté de moi.

C’est chaud comme un fondant au chocolat.

Prenez ma main je vous prie.

Je ne me défendrai pas.

Caressez-la, caressez-moi, embrassez-moi.

Vous sentez la fraise des bois !!

Je ne me défendrai pas.

Emmenez-moi si loin dans vos bras que je ne m’y retrouverai pas.

J’ai besoin de ça.

J’entends vos vagues de tendresse me caresser les pieds et c’est bon comme un idéal sorti de chez le boulanger !!

Vous êtes beau comme un couché de soleil qui se lève et vous me mettez en appétit.

Je ne veux plus vous quitter…

Virginie V.

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Petit conte sonore du Puy du Mont Dore

Dans un village du Massif central, le marchand de pains rameute les clients au son de la clochette qu’il agite en ouvrant l’auvent du véhicule. Henri arrive au camion, le pas lourd et commande deux pains de semaine. Ce sont ces gros pains longs qui durent jusqu’à son prochain passage du jeudi. Le soleil éclaire la montagne et les vallées : c’est lumineux et sans nuage. Sur la colline, le petit train à vapeur s’ébranle avec les touristes pour monter au belvédère du Puy. Paul passe avec ses trois chèvres qu’il rentre à la ferme pour les traire. Il est 16 heures. Sur l’autre versant, le train à crémaillère arrive en gare. La motrice grince, s’essouffle et siffle l’arrivée au terme de la promenade. Les marcheurs descendent. De son côté, Henri, les pains dans un grand sac, grimpe vers son chalet d’un pas fatigué et lent. Le train à vapeur siffle deux fois avant de rentrer sous le hangar pour passer la nuit. Au son de la clochette, le boulanger ferme son camion vente et s’apprête à quitter le village pour rejoindre la vallée. Les vaches restent en pâture au dessus du village : on entend leurs clochettes tintinnabuler, au soleil couchant. C’est l’été !

Marie R.