Écrire en temps de confinement

Haïkus pour mes petites-filles confinées

T’as de beaux yeux tu sais !

Petite-fille à la fois douce et rebelle

Emma,

Grande sœur bienveillante

Et si belle

Un, deux, trois soleil !

Trois ans pour cette merveille

Soline,

Petite sœur espiègle

Et si coquine

La plus jeune séduit

La plus grande s’épanouit

Emma, Soline,

Deux fleurs des champs dans la prairie

Adorables petites-filles

De la couleur et de l’ardeur

Dans la vie

De Papi et Mamie

Pour leur plus grand bonheur !

Loin des yeux, éloignés

mais encore plus près du cœur

Oui confinés

Mais non résignés

Rosy Gérardin

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Ici et maintenant pendant le confinement

Ici et maintenant

Par la fenêtre ouverte

Je vois les allées et venues d’un couple de pies.

Elles survolent mon jardin, brindilles en bec

En vue de construire un nid pour leurs petits.

Ici et maintenant

Par la fenêtre ouverte

j’entends le sifflement aigu des merles

le roucoulement rauque des tourterelles

Et le jacassement strident des pies affairées à leur nid.

Ici et maintenant

Par la fenêtre ouverte

Je sens le parfum des roses écloses et du lilas à peine flétri

L’odeur de la rosée du matin, la délicatesse des clochettes du muguet

La puissance des feuilles du figuier

La fragilité des branches malingres de l’amandier.

Ici et maintenant

Par la fenêtre ouverte

Je touche le regard de l’inconnue masquée passant devant chez moi

L’expression de ses yeux me dit « bonjour, comment ça va ? »

Je lui souris.

Ici et maintenant

Par la fenêtre ouverte

Je sens le goût de la liberté d’avant

Des joies de l’insouciance

J’ai envie de nouveau d’avoir envie.

Ici et maintenant

Par la fenêtre ouverte

Je ressens la beauté de la nature

l’oubli de son respect, le pardon qu’on lui doit

Et la folle espérance de lui redonner tous ses droits

Rosy Gérardin

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Dans ma bibliothèque il y a ….

« Les Essais » de Montaigne. J’aime particulièrement car l’auteur s’adresse directement au lecteur avec beaucoup d’humilité sur les questions existentielles et philosophiques du « qui suis-je ? » et du « que sais-je ? ». Mais aussi parce que je dois à cet auteur, pour ma plus grande fierté et l’unique fois de mon parcours scolaire, la note de 20/20 à une dissertation de français en classe de seconde, consistant en la rédaction d’une lettre dans le style du langage et de la pensée de Montaigne. D’où l’étonnement de mes camarades d’alors mais surtout les félicitations de ma professeure de français de l’époque laquelle souligna à toute la classe qu’injustement, avoir 20/20 à un devoir de mathématiques paraissait normal à tous alors que cette même note semblait inaccessible en littérature.   « Et pourquoi pas ? » avait-elle conclu. Quelle revanche pour moi sur les maths qu’alors j’exécrais. Ce fut mon heure de gloire.

« Les Misérables » de Victor Hugo. Il m’importe que la misère et l’indigence, si souvent ignorées et bafouées, soient mises en lumière au travers des époques par le biais de la littérature. Parce que je sais que dans ma ville, dans mon quartier, dans ma rue, il y a encore, certes avec les codes sociétaux actuels, un Jean Valgeant, une Fantine, une Cosette, un Gavroche…….

« Revenu des ténèbres » de Kouamé. Les récits bouleversants et effroyables des migrants cherchant à atteindre l’Europe coûte que coûte nous bousculent et surtout nous disent combien lutter pour la préservation des droits de l’homme est essentiel.

« Je mourrai une autre fois » d’Isabelle Alonso. J’apprécie l’hymne à la liberté qui se dégage de ce livre alors que le contexte est celui de la guerre civile espagnole. Mais par dessus-tout le titre à lui tout seul me ravit car il implique cette même liberté dans le choix du moment pour mourir ou non. Avoir l’occasion de dire que l’on mourra une autre fois me semble empli d’humour, d’espoir et d’optimisme.

« Le liseur du 6h27 » de Jean-Paul Didierlaurent. L’idée qu’un amoureux des livres se permette de faire à voix haute la lecture quotidienne aux passagers du RER du 6h27, pendant le trajet les menant au travail, me semble tout à fait géniale. Que cela soit apprécié du liseur comme des passagers me paraît correspondre à une communion humaine remarquable autour du livre.

« Le livre de cuisine pour les filles qui n’ont pas appris grand- chose avec leur mère » de Nicole Seeman. Il est des livres tout simples qui mettent fin à des complexes d’infériorité qui ont l’art de vous poursuivre. Parce qu’on ne m’a jamais vraiment appris à cuisiner, parce que j’étais toujours épatée par les plats concoctés par les autres, parce que ma belle-mère était un fin cordon bleu et qu’il fallait penser à l’inviter alors que je ne me sentais pas à la hauteur, ce livre m’a permis d’oser cuisiner. Et maintenant avec l’âge et l’expérience, je maîtrise plutôt bien. Merci Nicole.

« Une gourmandise » de Muriel Barbery. Il m’apparaît phénoménal qu’un livre puisse nous inviter grâce à la mémoire gustative et olfactive à revisiter les plats de notre enfance, les odeurs, les saveurs, les fumets ainsi que les potagers que l’on a connus, admirés ou cultivés.

« La délicatesse » de David Foenkinos. Poésie et ivresse dans la délicatesse qui caractérise la relation entre Markus et Nathalie. Ce livre est comme une caresse douce et bienveillante.

« Au petit bonheur la chance » d’Aurélie Valognes. Une écriture légère et enjouée. Des portraits de multiples personnages très authentiques. Une relation petit-fils / grand-mère très touchante. Tout cela enrobé dans de truculentes expressions populaires. Le cocktail est réussi.

« Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Daï Sijie. Comment le fait de lire, en cachette, peut permettre transformer la vie de personnes vivant sous des régimes politiques répressifs et ainsi de ne pas sombrer.

«  Les Fables de La Fontaine ». Quel talent que de se servir d’animaux pour instruire les hommes au niveau de la moralité ! En confinement lire celle de « l’ours et l’amateur de jardins ».

« …. ou tu porteras mon deuil » de Dominique Lapierre et Larry Collins. Ou quand un livre qui fait le portrait de l’Espagne de la période de la guerre civile aux lendemains de la dictature Franquiste me donne la furieuse envie d’écrire un roman sur la vie insolite de mes parents, père et mère andalous, lesquels ont traversé cette effroyable épopée de la guerre civile espagnole.

Dans ma bibliothèque, un jour peut-être, il y aura ce roman dont je serai l’auteure. J’en rêve…

Rosy

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