Disparitions….

Et si…. les librairies disparaissaient

Et si après la crise du covid….les librairies disparaissaient…..

Si dans la lignée du télétravail, de l’enseignement à distance, de la distanciation humaine généralisée et de fait largement testée on venait à se persuader qu’il suffit de commander des livres sur des plate formes de ventes en ligne…

Qu’en serait-il de nous ?

Sans ces lieux, ces boutiques

Où l’on entre en communication directe avec le livre, cet objet unique qui parce qu’on le voit, le touche, le feuillette, nous accroche et suscite en nous curiosité et envie.

Où l’on sent à plein nez l’odeur de l’encre et du papier et parfois même de la poussière.

Où l’on manipule des ouvrages en les découvrant, les choisissant, les posant, les reprenant, sans aucune obligation d’achat.

Où l’on déambule entre des murs aux étagères couvertes de livres neufs, anciens ou d’occasion, des échelles pour accéder à ceux du haut, des tables -présentoirs avec les nouveautés et les meilleures ventes.

Où l’on s’affaire en grand nombre et fiévreusement au moment de la rentrée scolaire.

Où l’on s’excite à l’approche des fêtes de Noël et s’applique à trouver le meilleur livre-cadeau pour nos proches.

Où l’on est souvent accueillis par des aficionados du livre prêts à nous conseiller et nous transmettre leur passion. Ces passeurs de littérature qui en échangeant avec nous ou en ayant glissé des post-it en forme de cœur dans certains ouvrages souhaitent nous faire partager l’intérêt de la lecture et de la culture.

Où l’on ne vend rien d’alimentaire à proprement parler et qui pourtant nourrit et a le pouvoir de nous laisser un goût délicieux, amer, acidulé, surprenant, selon.

Où l’on reçoit des écrivains friands de contact au moment des dédicaces et où l’on organise de si belles lectures réalisées par les auteurs eux-mêmes.

Alors, oui, si les librairies disparaissaient c’est que le covid aurait totalement triomphé. Car non seulement le virus altérerait notre odorat et notre goût comme cités dans les propagandes de prévention, mais nous serions alors tous atteints d’une forme aiguë. La vue, l’ouïe, le toucher seraient également affectés. Tous nos sens, notre sensibilité, nos sentiments seraient immanquablement touchés. La saveur d’une librairie ne peut se ressentir que de l’intérieur lorsqu’on y entre, voit, touche, sent, entend, éprouve.

Il est des disparitions entraînant tant de privations qu’on n’ose les imaginer.

Rosy Gérardin

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