Désobéir

Je dis « non » parce que j’ai envie.

Tu préfères que j’aille au ciné avec toi, juste pour te faire plaisir ?

Mais si je préfère rester chez moi ou que je n’ai pas le temps, je ne vais pas m’obliger à venir.

Je dis « non » parce qu’il vaut mieux que ce soit un vrai « oui » la prochaine fois.

Je dis « non » parce qu’en disant « oui » pour te faire plaisir, je me contrains moi-même.

Je dis « non » parce que j’en ai assez de me contraindre.

Je dis « non » parce que tu n’es pas tout(e) puissant(e).

Je dis « non » parce que je me respecte et je te respecte.

Je dis « non » parce que mon emploi du temps est blindé ou plein comme un œuf si tu préfères et qu’après, c’est moi qui vais être en retard dans mon travail.

De toute façon, quand tu as quelqu’un d’autre pour t’accompagner, tu ne me sollicites pas donc je n’ai pas à justifier pourquoi je te dis « non ».

Je te dis « non » gratuitement puisque j’exerce mon libre-arbitre et que je peux me donner le luxe de te dire « non ».

Non, c’est clair, non ?

Élodie Giraudier

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Je dis NON

Ah mais alors là non,

Je dis non, et quand c’est non c’est non;

Parce que moi,

J’aime pas les « non »,

J’aime pas les « niet », les « que nenni »,

Parce que dans non,

il y a le n de « jamais d’la vie »

et l’autre n de « tu n’y penses pas,

c’est cuit, c’est fini »,

Heureusement que dans non,

il y a aussi le O de oui,

Et dans ce oui , voici le joli U de utopie,

Et puis un I à qui tout sourit,

C’est le oui de « c’est parti », « on y va mon kiki »,

Pas un « peut-être », pas un « on verra »,

Non, un vrai oui,

Attention, j’aime pas non plus les béni-oui-oui,

J’aime les oui qui renversent les tables,

qui changent le monde et l’ordre établi,

J’aime les oui francs comme l’or

Les oui qui font jaillir la vie.

Christine Barbon

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Désobéir… Au théâtre

Elles sont quatre qui traversent la scène, à pas rapides,

à pas unis,

et le silence se fait.

Elle se tient seule sous ses voiles noirs,

D’une voix douce, elle parle d’Assan,

Prince de banlieue et surtout âme sœur.

Désillusion de la violence,

Elle garde la religion mais choisit la vie,

L’élévation, pas le mépris.

Elle ôte ses voiles,

Mince silhouette en jean et chemisier à fleur,

Ce n’est plus une étrangère,

Mais notre sœur.

Elle ouvre une faille, un interstice

Nos certitudes, nos lieux communs,

vacillent.

Elle sait qui elle est,

Et s’envole par delà les idées toutes faites,

Toutes bêtes.

Elle crie,

Sa noirceur humide,

Fragile pilier.

Christine Barbon

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Je suis… et je ne suis pas…

Je suis la fille de ma mère, la petite-fille de ma grand-mère, une femme libre

Je ne suis pas soumise

Je suis la fille de mon père, un manque, jamais comblé

Je ne suis pas l’extérieur, l’extraversion

Je suis l’intime et la poésie, les notes de chevet d’une japonaise

Je ne suis pas sportive

Je suis une amoureuse de la peinture

Je ne suis pas immobile

Je suis une voyageuse, dans ma vie comme dans ma tête un peu floue

Je ne suis pas assidue, disciplinée, constante

Je suis pour la nouveauté, les enthousiasmes intenses mais éphémères

Je ne suis pas… je ne sais pas ce que je ne suis pas mais cela m’est égal

Je suis… cela m’a pris et me prendra toute la vie pour être celle que je suis, celle que j’ai été et celle que je serai.

Christine Barbon